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Cartes
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Au printemps de 1831, presque secrètement, les quatre jeunes hommes s’engagent dans le sentier, traversent forêts, lacs et rivières pour aboutir au pays dont ils avaient entendu parler par les Hurons. Arrivés sur les lieux, nos quatre aventuriers se partagent les terres comprises entre la côte de la Grande Ligne jusqu’à celles menant à Chute-Panet. Les années 1831 et 1832 sont consacrées au défrichage des terres pendant la belle saison, alors que l’hiver, les aventuriers retournent à l’Ancienne-Lorette. L’année suivante, les femmes les accompagnent pour préparer l’installation. Enfin, délaissant l’aisance de l’ancienne paroisse agricole, l’habitant, qui ne dispose que d’une maigre fortune, adoptera un caractère nouveau dans le mode d’établissement humain : des bâtiments d’habitation en bois rond. Par la suite, d’autres pionniers de Lorette et des environs viendront participer à la colonisation de l’arrière-pays. Les habitants s’installent donc dans le comté de Hants (abréviation anglaise de Hampshire) qui, en 1829, fut baptisé Portneuf. La mission de la rivière Sainte-Anne compte déjà 210 âmes en 1839. En février 1842, une assemblée présidée par le curé Hugh Paisly de Sainte-Catherine élit les premiers syndics, c’est-à-dire les personnes chargées de veiller aux intérêts de l’institution naissante. Le 25 mai 1842, monseigneur Signay procède à l’érection canonique de Saint-Raymond, dans la Seigneurie de Bourg-Louis et le township de Gosford. Saint-Raymond est né, il lui reste à grandir. Le grand-voyer, monsieur Édouard Antrobus, s’occupe de tracer des chemins, d’organiser des corvées pour les travaux municipaux. La Cabane joyeuse, construite par Joseph Déry et ses compagnons, sert d’hôtel de ville. Le plan cadastral est là pour toute subdivision ou attribution de lots. À la porte, un babillard tient la population au courant des principaux événements. Toute l’organisation de la vie socioéconomique et de ses institutions reste à faire. Avec l’établissement de l’instruction publique, par exemple, le colon pourra dépasser son statut de " knight of the cross " (le chevalier de la croix, du fait qu’il signe son nom d’une croix). De plus, avec une économie basée sur les ressources naturelles, il accédera à une qualité de vie meilleure. À l’époque de l’arrivée des familles de l’Ancienne-Lorette à Saint-Raymond, parallèlement, les communautés irlandaises se développent dans le secteur du Grand Rang. C’est Harriet Antill, une anglophone mariée à Bernard-Antoine Panet, qui a attiré ici des centaines d’Irlandais fuyant la famine dans leur pays. La colonisation irlandaise progresse rapidement ; ils sont les premiers à posséder une chapelle, deux écoles, un bureau de poste, un moulin à grain et un moulin à papier. Avec le temps et la détermination, Saint-Raymond se matérialise et devient prospère. Des groupes de professionnels, d’industriels, de commerçants et d’artisans influencent directement les mentalités et les modes de construire. Quelques points marquants du développement de Saint-Raymond
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